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Interview de Mathilde Castello Branco - Directrice artistique


Pouvez-vous nous raconter le début de votre aventure avec Weill ?
Mathilde Castello Branco : Je suis arrivée fin-juillet à la direction artistique et je suis rentrée tout de suite dans le vif du sujet. J’ai commencé avec un voyage à Castres, chez un de nos fabricants de lainages. Mon premier bain a donc été dans la matière, la laine, la flanelle, le mohair… Les matières nobles sont une des vraies forces de la marque. Avec ce fabricant, j’ai pu commencer à travailler en direct des pièces sur-mesure, inspirées des archives dont je me suis imprégnée les mois précédents, dès la première rencontre avec la famille propriétaire de la maison.

Comment cette rencontre s’est faite justement ?
MCB : Sans aucune arrière-pensée, naturellement… L’histoire de cette maison m’a séduite, les
histoires de famille comme celle-là sont de plus en plus rares en mode… De génération en génération, ils se passent la main, transmettent un ADN. J’ai eu envie de participer à l’élan qui les anime actuellement, cette volonté de rafraîchir en s’appuyant sur les qualités de la maison.
C’est une stratégie indispensable et courageuse pour que les maisons perdurent.

Par quoi passe le renouveau selon vous pour Weill ?
MCB : La mission c’est de répondre à une question : comment porter du Weill aujourd’hui ? La réponse doit s’adresser à toutes les femmes, de tous âges et pas seulement françaises. Pour moi, cela passe d’abord par la beauté des matières, mais aussi la perfection du fit qui fait vraiment la réputation de la maison, parce qu’il est très étudié. Le fil rouge de la première collection sera le carreau et la rayure, dans énormément de variantes de motifs : prince de Galles, pied de poule, pied de coq, mais avec une approche moderne, un dessin revu ou une coupe surprenante. C’est le twist que nous recherchons, l’objectif est d’apporter de l’électricité dans nos codes.

Quel est le positionnement de Weill ?
MCB : Il est assez unique pour plusieurs raisons : c’est une marque française, familiale, avec une équipe de conception interne… Mais la griffe s’ancre dans la réalité du marché du luxe accessible, en étant très équilibrée et qualitative : plus accessible que le luxe, tout en proposant une minutie dans son travail, ses matières et ses finitions.

Comment avez vous travaillé la palette de couleurs ?
MCB : Le parti pris avec la couleur, c’est qu’elle raconte une histoire. C’est une balade dans Paris
et à travers la saison. Cela commencera au petit matin avec des coloris de nature d’automne, des roses, des verts, des bleus délicats, puis la femme se préparera à sortir, avec un rouge fort sur les lèvres, se promènera dans les rues de Paris, entre l’ivoire, le noir, un imprimé reprenant le cannage des chaises de café, la touche argentée du zinc des toits de Paris. Les fleurs des jardins seront aussi présentes, un peu japonisantes, balayées par le vent, et même en motif diffus quand le brouillard de l’hiver arrive. C’est une vraie balade imaginée, avec les pics de bleu du Centre Georges Pompidou par exemple, une balade que nous dessinons d’ailleurs et qui servira de motif à des t-shirts.

Quelles sont les pièces fortes de la collection ?
MCB : Il y a par exemple un beau trench en jean, dans un esprit très intemporel, et avec l’écusson familial Weill brodé sur l’épaule… Il y a aussi des pièces doubles-faces modernes, comme des vestes, des jupes-shorts à carreaux, des grands manteaux qui se ceinturent, des robes aux compositions étonnantes mélangeant les matières, d’autres plus simples a priori mais qui, par la beauté des matières, passent du jour au cocktail simplement en s’accessoirisant.

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